Les temps de conduite et de repos des conducteurs routiers professionnels sont régis dans l'ensemble de l'Union européenne par le règlement (CE) n° 561/2006 du Parlement européen et du Conseil, en vigueur depuis le 11 avril 2007. Ce texte s'applique aux véhicules affectés au transport de marchandises dont le poids total autorisé en charge (PTAC) dépasse 3,5 tonnes, ainsi qu'aux véhicules de transport de personnes de plus de neuf places. Son respect est vérifié à bord grâce au tachygraphe — numérique depuis 2006, puis intelligent (génération 2) depuis 2019 pour les nouvelles immatriculations.
Les durées clés à connaître
Conduite journalière : un conducteur ne peut pas dépasser 9 heures de conduite par jour. Cette limite peut être portée à 10 heures au maximum deux fois par semaine calendaire.
Pause obligatoire : après 4 heures 30 de conduite continue, le conducteur doit prendre une pause d'au moins 45 minutes. Cette pause peut être fractionnée en deux temps : d'abord 15 minutes, puis 30 minutes, mais dans cet ordre uniquement.
Repos journalier : le conducteur doit bénéficier d'une période de repos d'au moins 11 heures consécutives entre deux périodes de travail. Ce repos peut être réduit à 9 heures (repos réduit) dans la limite de trois fois par semaine, à condition d'être compensé avant la fin de la semaine suivante. En cas de conduite en équipe (deux conducteurs à bord), le repos journalier minimum est ramené à 9 heures sur une période de 30 heures.
Conduite hebdomadaire : la durée de conduite totale sur une semaine ne peut excéder 56 heures. Sur deux semaines consécutives, le cumul est plafonné à 90 heures.
Repos hebdomadaire : le conducteur doit bénéficier d'au moins 45 heures de repos consécutif par semaine (repos normal). Ce repos peut être réduit à 24 heures (repos réduit hebdomadaire) au maximum une fois sur deux semaines, à condition que la différence soit compensée en bloc avant la fin de la troisième semaine suivante. Depuis le règlement (UE) 2020/1054, le repos hebdomadaire normal ne peut plus être pris dans la cabine du camion : il doit l'être dans un hébergement adéquat.
Ce que ça implique pour les entreprises qui reçoivent des transporteurs
Un chauffeur qui arrive à quai en fin de plage légale de conduite peut légitimement refuser d'effectuer une manœuvre supplémentaire ou d'attendre plusieurs heures pour être déchargé. Les temps d'attente excessifs sur les sites logistiques — une réalité fréquente dans les entrepôts à forte rotation — peuvent placer le transporteur en situation d'infraction aux règles de repos, sans qu'il en soit directement responsable.
Pour les entreprises destinataires, cela plaide pour une organisation rigoureuse des rendez-vous, la communication préalable des procédures d'accueil au chauffeur, et la réduction des délais à quai. En cas de contrôle des autorités, le registre des entrées et sorties de véhicules peut être examiné pour croiser les données tachygraphe.
Lien avec Docklio
Un briefing chauffeur clair, délivré avant l'arrivée sur site dans la langue du conducteur, permet d'anticiper les étapes à franchir sur le site et de limiter les temps morts. Pour un chauffeur en fin de quota de conduite journalière, chaque minute compte. Docklio contribue à fluidifier cet accueil, quel que soit le pays d'origine du conducteur.