Le cabotage routier désigne l'opération par laquelle un transporteur établi dans un pays de l'Union européenne effectue des transports intérieurs dans un autre État membre, sans y être immatriculé ni y avoir son siège. En France, un transporteur polonais qui, après avoir livré une marchandise internationale, enchaîne plusieurs enlèvements et livraisons sur le territoire français pratique du cabotage. Cette activité est légale, mais strictement encadrée par le règlement (CE) n° 1072/2009 du 21 octobre 2009 relatif aux règles communes pour l'accès au marché du transport international de marchandises par route.
Règles en vigueur
Le règlement CE 1072/2009 fixe un plafond clair : un transporteur non établi en France est autorisé à effectuer au maximum 3 opérations de cabotage dans les 7 jours qui suivent la dernière livraison de son transport international entrant. Chaque opération correspond à un chargement complet entre deux points distincts sur le territoire national. Au-delà de ce délai ou de ce quota, toute nouvelle opération constitue du cabotage illégal.
Le paquet mobilité adopté en 2020 (règlement (UE) 2020/1055) a introduit une contrainte supplémentaire : une période de carence de 4 jours doit s'écouler entre deux séquences de cabotage dans le même État membre pour un même véhicule. Cette mesure vise à lutter contre le cabotage systématique, qui contournait de fait les règles de détachement et créait une concurrence déloyale au détriment des transporteurs nationaux.
Les documents obligatoires à bord pour justifier une opération de cabotage légale sont : la lettre de voiture CMR du transport international entrant, ainsi que les documents de transport (lettres de voiture ou bons de livraison) relatifs à chaque opération de cabotage, mentionnant l'expéditeur, le destinataire, le lieu de chargement et de livraison, la date, et la nature de la marchandise.
Contrôle et sanctions
En France, le contrôle du cabotage est assuré par les inspecteurs du travail des transports (DRIEAT, DREAL) et les forces de l'ordre. En cas d'infraction constatée, le transporteur étranger encourt une immobilisation du véhicule, une amende et, pour les infractions répétées, une interdiction temporaire d'accès au territoire. Le donneur d'ordre ou le chargeur peut également voir sa responsabilité engagée s'il est établi qu'il a sciemment eu recours à un transporteur en situation irrégulière.
Ce que ça implique pour les entreprises qui reçoivent des transporteurs
Pour un responsable logistique ou un directeur d'entrepôt, l'enjeu est double. D'un côté, s'assurer que les transporteurs étrangers régulièrement mandatés respectent bien les limites du cabotage autorisé, au risque d'être impliqué dans un contrôle. De l'autre, comprendre pourquoi un chauffeur non francophone peut manifester de l'hésitation ou de l'incompréhension face à certaines demandes de livraison supplémentaires : il est peut-être déjà en limite de quota.
Lien avec Docklio
Lors de l'accueil d'un chauffeur étranger en cabotage, la communication sur les procédures du site (horaires, quais, consignes de sécurité) se heurte souvent à la barrière de la langue. Docklio permet de délivrer le briefing d'accueil dans la langue native du conducteur, qu'il soit polonais, roumain, ukrainien ou autre, réduisant ainsi les délais à quai et les risques de malentendu dans un contexte déjà réglementairement sensible.